Les assureurs et l’industrie de la sécurité privée

Simon Morin
Août 14, 2014
Écrit par
Afin d’améliorer – ou, du moins, de préserver – leurs résultats financiers, les assureurs ont, depuis les tout débuts de l’assurance, agi de sorte à limiter les risques qu’ils assument.

Afin de préserver sa capacité d’offrir des primes compétitives, un assureur doit à tout prix mettre en vigueur une politique de prévention orientée vers la promotion de moyens techniques et avoir recours au secteur de la sécurité privée. Par exemple, entre les XVIe et XVIIe siècles à Londres, c'est grâce aux compagnies d’assurance que la lutte contre les incendies a été organisée si efficacement. Depuis, l’interrelation entre les industries de l’assurance et de la sécurité privée s’est développée dans plusieurs secteurs d’activité.

Pour prendre un autre exemple, la protection des biens contre le vol a été développée avant les années 1800. Parallèlement, on commence alors également à voir des entreprises privées de protection se multiplier. Cette protection dont les assureurs se prévalent sera notamment prise en considération par les assureurs pour établir les primes. L’originalité de ces entreprises réside dans le fait qu’outre la surveillance spéciale dont bénéficient leurs abonnés, elles leur procurent aussi, dans la plupart des cas, un forfait d’assurance contre le vol. Ce type d’alliance existe encore aujourd’hui alors que la majorité des assureurs pour particuliers offre des rabais substantiels à leurs assurés selon la sécurité en place sur les lieux assurés. En assurance des entreprises, la sécurité privée est également une exigence de l’assureur au moment d’accepter de couvrir certains clients plus à risque.

De nos jours, les exigences en gestion des risques posées par les assureurs dépassent largement la protection des biens. Par exemple, un assureur qui émet une police de responsabilité civile pour assurer un client voulant organiser un festival peut exiger que la sécurité du site soit effectuée par une agence de sécurité privée qui détient elle-même une assurance responsabilité civile et qui fournira des gardes de sécurité. Par ailleurs, avant d’émettre une assurance responsabilité couvrant les administrateurs et dirigeants d’une entité, un assureur pourrait également avoir recours à une société d’investigation afin de vérifier les antécédents des personnes qui siègent au conseil d’administration.

Par contre, la collaboration avec les assureurs est une médaille à deux côtés. Une société de sécurité privée peut facilement recevoir une mise en demeure de la part des assureurs de ses clients s’il y a défaut dans le rendement des services rendus. Ceci peut, dans certains cas, mener à des réclamations payables aux clients. Cette possibilité de recours en subrogation est donc prise en considération par les assureurs comme étant un élément supplémentaire pouvant atténuer leur risque de pertes financières. Ceci a également pour effet de diminuer l’appétit de plusieurs assureurs à accepter les risques liés à l’industrie de la sécurité privée.

Mon prochain article portera sur des exemples de réclamations impliquant la subrogation d’un assureur contre une société privée de sécurité. 

 

Simon Morin est courtier en assurance de dommages, gestionnaire – Service client chez BFL Canada.

www.bflcanada.ca

 

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