Plus de sécurité privée dans l’espace public, un bien nécessaire?

BSP (Denis Lévesque)
Mai 26, 2014
Écrit par BSP (Denis Lévesque)
Depuis les attentats de septembre 2001, nous remarquons que la sécurité privée est de plus en plus visible dans les lieux publics, que ce soit la sécurité humaine ou électronique.

Par exemple, le maire de Montréal Denis Coderre a fait les manchettes en lançant le débat sur l’utilisation de la vidéosurveillance dans certains secteurs de Montréal[1].

. Autre exemple, plusieurs municipalités de la région de Montréal ont leur propre service de patrouille de sécurité. La tendance risque de s’amplifier, comme en témoigne le récent rapport de l’Institut Macdonald-Laurier d’Ottawa, qui recommande le recours à des organismes civils ou externes pour effectuer certaines tâches policières qui ne sont pas essentielles au rôle de policier. 

La sécurité privée, une solution aux problèmes budgétaires des services de police? 

Dans son rapport[2], Christian Leuprecht débute avec une phrase-choc : «Malgré la hausse des coûts des services de police, les Canadiens n’en ont pas pour leur argent».

 

 

Il indique que le Canada a besoin d’un nouveau débat sur la façon de fournir les services de police. Certaines de ses recommandations touchent directement les services de sécurité privée. Parmi celles-ci, on note le recours aux nouvelles technologies pour faciliter le travail des policiers, ou encore, le recours à des services de remplacement exécutés par des organismes civils ou externes.

L’auteur identifie notamment les tâches suivantes :

les enquêtes de cambriolage;

la collecte des empreintes digitales et des preuves d’ADN;

le transport de prisonniers et la sécurité des tribunaux;

les vérifications d’antécédents.

Les conclusions de ce rapport, combinées aux tendances d’utilisation accrue de la sécurité privée pour la surveillance de lieux publics, soulèvent quelques préoccupations. Massimiliano Mulone, professeur à l’école de criminologie de l’Université de Montréal et chercheur au Centre international de criminologie comparée, a présenté son point de vue lors du récent congrès de l’International Association of Security and Investigative Regulators (IASIR) qui s’est déroulé à Québec l’automne dernier. Sa conclusion soulevait plusieurs interrogations intéressantes :

* Imputabilité - Qui est imputable des actes ou manquements d’un agent de sécurité privée? L’agent, l’agence qui l’emploie ou le client pour qui il effectue ses tâches? Dans un contexte policier, l’imputabilité est facile à déterminer, elle l’est beaucoup moins dans un contexte d’impartition.

* Expertise - Comment les services de sécurité publique peuvent-ils conserver leur niveau d’expertise lorsque les activités plus ou moins spécialisées sont confiées à des tiers?

* Légitimité vue par les citoyens - Quel sera le niveau de respect d’une autorité de sécurité privée par rapport au respect de l’autorité policière?

* Choc de culture - Comment gérer la dichotomie des objectifs entre, d’une part, le désir de profitabilité d’une entreprise de sécurité privée et, d’autre part, la mission policière d’assurer la sécurité des biens et des personnes?

* Mission première de l’État - Malgré les difficultés budgétaires des gouvernements à tous les niveaux, l’État peut-il se départir de tâches et fonctions qui lui sont habituellement réservées?

Le contexte québécois actuel pourrait faciliter la transition. En effet, le gouvernement du Québec a créé le Bureau de la sécurité privée en lui donnant comme mission de veiller à la protection du public. Le Bureau voit notamment à favoriser la cohérence des actions des intervenants de la sécurité privée avec celles des intervenants de la sécurité publique. De plus, avec la Loi sur la sécurité privée (RLRQ, c. S-3.5), les détenteurs de permis d’agent doivent respecter des normes de comportement rigoureuses, de la même manière que les policiers doivent respecter leur Code de déontologie policière. L’industrie de la sécurité privée dispose maintenant de mécanismes pour assurer son professionnalisme et son intégrité. L’avenir est donc prometteur pour l’industrie de la sécurité privée au Québec.

 


www.bureausecuriteprivee.qc.ca

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