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La vision du directeur général de la CANASA sur la gestion du COVID-19


26 mars 2020
Par Neil Sutton

Patrick Straw, CANASA

Le magazine Sécurité Québec a récemment communiqué avec le directeur général de l’Association canadienne de la sécurité (CANASA), Patrick Straw, pour obtenir des conseils sur la façon dont les entreprises de sécurité pouvaient mieux gérer la crise du coronavirus.

Straw, qui a répondu à nos questions par courriel, nous offre ici ces conseils sur les stratégies que les entreprises peuvent mettre de l’avant pour mieux servir leur personnel, leurs clients et leurs partenaires en cette période difficile et sans précédent de pandémie de COVID-19.

Sécurité Québec : Quelles sont vos recommandations pour les installateurs d’équipements d’alarme/de sécurité qui peuvent être appelés pour des visites sur site?

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Patrick Straw : Nous demandons à nos compagnies membres, si et quand elles communiquent avec nous, de se conformer aux pratiques de santé et sécurité émises par les instances locales, provinciales et fédérales en matière de distanciation sociale. Un triage devrait être fait avant de répondre à un appel pour service, dans le sens d’en déterminer la pertinence à ce moment précis où des risques sont présents. La plupart des grandes entreprises ont déjà adopté des politiques formelles, mais les plus petites entreprises peuvent avoir besoin d’être guidées. En réalité, notre principal mandat à ce chapitre consiste à transmettre les informations à mesure que nous les recevons de source officielle.

SQ : Que doivent faire les propriétaires de compagnies de sécurité pour garantir la sûreté de leur personnel?

PS : J’ai participé à de nombreuses conférences téléphoniques avec des compagnies de sécurité à travers le pays, y compris plusieurs stations de surveillance. Ces dernières ont travaillé très dur pour restructurer leurs activités afin de réduire les interactions sociales au minimum, et de nombreuses politiques de salubrité ont été instaurées, comme on pouvait s’y attendre. Plusieurs entreprises ont également imposé des restrictions aux visiteurs. Comme toutes les autres industries, les employés qui peuvent travailler à domicile le font. C’est le cas de notre propre personnel au bureau de la CANASA.

SQ : Que peuvent faire les propriétaires pour s’assurer que leur entreprise continue à fonctionner?

PS : Chaque entreprise doit évaluer les risques de poursuivre ses activités. Cette période n’est pas évidente à gérer et le gouvernement ajoute quotidiennement de nouvelles mesures afin de ralentir la propagation du virus. Nul doute que plusieurs compagnies vont souffrir de la situation. J’espère que les promesses de soutien à tous les paliers de gouvernement pourront alléger le fardeau de ces entreprises.

SQ : Les entreprises ont-elles exprimé des inquiétudes concernant leurs ressources humaines ou leur personnel?

PS : Oui, beaucoup de préoccupations envers le personnel. De nombreuses mises à pied ont déjà dû être faites, et d’autres restent à venir. Certaines fonctions devront simplement rester en attente jusqu’à la fin de cette crise. J’ai reçu plusieurs communiqués de presse d’un large éventail de grandes entreprises – des télécommunications aux chaînes d’alimentation – expliquant ce qu’ils font pour assurer la sécurité de leur personnel et faire appel à la compréhension des gens.

SQ : Où en est la chaîne d’approvisionnement des produits de sécurité? Les fournisseurs de services d’alarme et les installateurs peuvent-ils encore espérer pouvoir commander l’équipement et les pièces dont ils ont besoin?

PS : Jusqu’à présent, je n’ai eu vent d’aucun problème majeur sur la chaîne d’approvisionnement. Les camions roulent toujours et, à ma connaissance, les distributeurs sont toujours en activité. La situation pourra changer lorsque l’accès aux bâtiments sera restreint pour terminer une installation ou que la construction sera retardée. Je me demande aussi si certains intégrateurs ne stockent pas des produits actuellement, inquiets d’éventuelles ruptures de stock.

SQ : Dans quels cas les professionnels de la sécurité peuvent-ils s’attendre à être considérés comme un service essentiel?

PS : La question du service essentiel en est une importante. Nous avons envoyé des lettres aux gouvernements provinciaux et fédéral pour demander que ce soit le cas, surtout si la situation empire. La sécurité publique s’avère une préoccupation majeure pour nos membres qui surveillent les incendies, les intrusions, les urgences médicales et personnelles, et de nombreux autres domaines critiques.

SQ : Quelles leçons l’industrie de la sécurité peut-elle tirer du COVID-19 pour améliorer ses services en cas de future urgence publique?

PS : Déjà beaucoup d’informations ont été partagées par des groupes tels que ULC/UL qui ont vécu de nombreuses catastrophes naturelles aux États-Unis : intempéries, tremblements de terre, inondations… Ces événements ont engendré plusieurs nouvelles mesures. Un des aspects les plus incroyablement positifs de cette situation a été la coopération entre des compagnies membres de la CANASA qui sont normalement des concurrents. Je viens juste de parler au téléphone avec notre comité national des stations de surveillance, et les gens ont signifié qu’ils partageaient quotidiennement leurs expériences et leurs meilleures pratiques pour s’entraider. Les plus grandes stations – disposant de plus de ressources – offrent également leur assistance aux plus petites entreprises, selon leurs besoins. Je suis très fier de ce groupe.

En fin de compte, nous traversons tous une situation sans précédent au Canada. Nous devons travailler ensemble, nous soutenir mutuellement (au travail et à la maison) et nous conformer aux pratiques du ministère de la Santé avec diligence afin d’empêcher la propagation de la pandémie. Nous passerons à travers cette épreuve en tant qu’industrie et en tant que pays.