Sécurité Québec

Nouvelles Chroniques et opinions
Les fraudes en milieu de travail – partie 1


16 décembre 2020
Par Martin Deslauriers

Sujets

Phénomène grandissant, les fraudes en milieu de travail touchent les entreprises, peu importe leur taille et leur chiffre d’affaires. Les impacts vont de la perte de revenus aux impacts négatifs sur la réputation, l’efficacité, le moral des employés et bien plus.

Selon l’ACFE (Association of Certified Fraud Examiners), les pertes engendrées peuvent atteindre 5 % des revenus. La mise en place de mécanismes de protection et de réduction des risques exige en premier lieu de mieux connaître les grandes tendances entourant ce phénomène ainsi que nos propres mesures d’atténuation et de contrôle, dans le but de pouvoir établir un plan efficace qui saura réduire, non seulement les probabilités, mais aussi les impacts.

Le Rapport à la nation annuel de l’ACFE regroupe des informations relatives à 2504 dossiers repartis dans 125 pays. Le coût total des fraudes rapportées s’élève au montant faramineux de 3,6 milliards de dollars américains. Voici un résumé de l’état actuel et les grandes tendances.

Advertisement

Les fraudes en milieu de travail sont classées sous trois catégories : la corruption, l’appropriation malhonnête des biens et actifs de la compagnie, et les fraudes relatives aux manipulations financières. Pour l’année 2019, 86 % des dossiers analysés étaient reliés au vol d’actif au sein de la compagnie, alors que la corruption était présente dans 43 % des cas.
Les compagnies privées s’avèrent les victimes les plus touchées avec 44 %. La taille de la compagnie (nombre d’employés) ne semble pas être un facteur déterminant. Cependant, il est intéressant de noter qu’une variation importante existe par rapport au type d’industrie. Par exemple, dans le secteur de l’éducation, nous retrouvons la perte médiane la plus base (65 000 $), alors que le secteur des mines se trouve au sommet (475 000 $). Celui du transport se chiffre à 150 000 $. Note : Plus de 23 industries sont représentées par les chiffres publiés (en devise américaine).

Toujours selon les chiffres du rapport 2020, 41 % des fraudes recensées sont attribuables aux employés, suivi des cadres (35 %) et des hauts dirigeants ou propriétaires (20 %). 46 % des coupables comptaient de 1 à 5 années de service. Les pertes médianes associées à ces trois types de fraudeurs totalisent respectivement 60 000, 150 000 et 600 000 USD. En Amérique du Nord, le ratio homme/femme est de 59 % contre 41 %, soit la plus faible différence entre les sexes à travers le monde. Une variation importante sur la valeur médiane est reliée à l’âge. Pour les moins de 40 ans, la valeur est établie à 75 000 $, tandis que pour les 55 ans et plus, elle est de 425 000 $.

Voici quelques questions de réflexion en matière de mise place de mesures efficaces :
• Est-ce que la culture et les valeurs de votre entreprise sont claires et sans équivoque en matière de fraudes et de vols?
• Avez-vous des pratiques d’embauche cohérentes qui comprennent une recherche sur les antécédents des candidats?
• Votre compagnie est-elle dotée d’un système favorisant la détection d’activités irrégulières? Ces mesures peuvent prendre la forme d’audits, de prises d’inventaire régulières et de contrôles aléatoires.

Je terminerai cette première partie en commentant que la peur d’être détecté demeure le facteur ayant le plus influence sur les employés enclins à commettre un délit.